La méthodologie du processus IRDP.

D’une manière générale la méthodologie qui sous-tend le processus IRDP est la même quoique continuellement adaptée aux situations rencontrées. L’approche de l’IRDP s’inspire de la méthodologie RAP – Recherche action participative – héritée d’Interpeace, son partenaire principal. D’une phase à une autre, la logique méthodologie reste généralement inchangée, ce qui change est l’échantillonnage, l’élaboration des guides d’entretien et des questionnaires ainsi que d’autres outils de collecte et d’analyse de données.

La philosophie qui sous-tend la méthodologie RAP est de nature à contribuer efficacement dans l’identification des questions fondamentales, à renforcer l’importance de la participation comme un aspect fondamental du processus démocratique et de prise de décision. La RAP offre un cadre de recherche collective où les acteurs sociaux contribuent par leur connaissance des questions en jeu tandis que les chercheurs facilitent les débats et canalisent les idées.

L’approche conceptuelle RAP est basée sur une série de principes qui ont permis à l’IRDP de l’adapter au contexte rwandais :

- Elle est holistique et intégrée associant les perspectives politiques, économiques, sociales et culturelles relatives à la reconstruction de la paix ;
- Elle est participative à travers les mécanismes de consultation à différents niveaux ;
- Elle est inclusive et établit des liens entre les acteurs à la base, les acteurs nationaux et internationaux ;
- Elle combine la recherche et l’action, cherchant une meilleure compréhension des questions fondamentales ;
- Elle est flexible avec la possibilité d’adapter l’approche pour répondre aux besoins locaux et au contexte du moment ;
- Elle crée l’espace neutre pour atteindre les objectifs de construction d’un consensus concernant les priorités ;
- Elle met en place une base solide des valeurs et compétences pour la promotion des capacités locales.

L’approche Interpeace comprend essentiellement trois étapes :

L’étape préparatoire qui inclut une analyse générale du contexte dans lequel le processus se déroule et la mise en place de la structure d’exécution. Le choix de l’équipe d’exécution est très judicieux : le processus requiert des personnes compétentes et intègres. C’est au cours de cette étape préparatoire qu’un groupe de personnages influents et intègres est identifié pour faire partie d’un « Conseil » qui, avec un œil extérieur, veille au respect du principe de neutralité de l’équipe et celui de l’objectivité des résultats.

La phase préliminaire de la recherche qui implique la préparation d’une note nationale issue d’une large consultation de la population sur le thème général de reconstruction de la paix. Pendant cette phase, l’équipe identifie un groupe de personnes représentatives de différentes institutions qui forment le « Groupe National » en vue de légitimer le processus. Les résultats sont ainsi soumis à la discussion au niveau national afin de parvenir à construire un consensus sur des questions importantes devant faire l’objet d’une recherche approfondie.

La phase principale de la recherche appelée aussi phase de recherche approfondie sur les thèmes choisis par le Groupe National. Autour de chaque thème se constitue un groupe de techniciens ou « Groupe de travail » qui analyse les résultats de la recherche et formulent des recommandations aux décideurs et tous ceux qui interviennent dans la reconstruction de la paix. La mise en place de groupes de travail permet d’orienter efficacement le travail sur terrain. Cette culture de dialogue implique nécessairement une transformation de taille au niveau de la société.

L’application de cette approche méthodologique Interpeace a été expérimentée dans plusieurs pays post conflits et a porté des fruits. Il s’agit notamment de l’Erythrée, du Mozambique, du Guatemala, de la Somalie et de la Macédoine.

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